CFPN : Conférence de presse du 20/10/2005
Mesdames et messieurs de la Presse,
L’UTG vous a convié à cette conférence de presse pour vous communiquer l’analyse de notre Centrale suite à la dernière table ronde du 14/10/05 concernant la CFPN.
Depuis la fin du mois de mai, date à laquelle les actionnaires Steiner, Delphine et Nallovic ont décidé unilatéralement de cesser l’activité, 140 mères et pères de familles sont en sursis.
Que s’est-il passé depuis ?
L’UTG a été à l’origine de toutes les initiatives et propositions pour sauver la filière pêche, la CFPN, les emplois et le peu d’acquis sociaux qui subsistaient encore dans cette compagnie.
C’est par la mobilisation que nous avons obligé la Préfecture et les collectivités majeures à organiser les deux tables rondes. C’est par notre mobilisation que nous avons obtenu convocation d’une réunion technique avec tous les services sociaux (CAF, CGSS, ASSEDIC, ANPE, DDTE-FP). C’est aussi par notre mobilisation que le Préfet s’est engagé officiellement à mettre en place une cellule sociale et à régler favorablement pour de nombreux salariés la problématique* des titres de séjour (*en cas de licenciements ils se retrouveraient en situation extrêmement difficile car leur titre de séjour est lié aux contrats de travail).
Néanmoins, l’UTG tient à rappeler qu’elle a toujours dénoncé les pratiques illégales en général dans les rares secteurs productifs et les stratégies spéculatives particulièrement dans la filière pêche et rizicole.
L’UTG à ce titre, affirme que tous les pouvoirs publics confondus ont par laxisme cautionné l’opération « KILL CFPN ». Cette opération ressemble étrangement à celle « TCHWE AIR GUYANE » que nous avions stigmatisée en son temps.
Il est effectivement incontestable, qu’en laissant les actionnaires stopper unilatéralement l’activité sans cessation de paiement, sans dépôt de bilan immédiat, les pouvoirs publics savaient que la trésorerie de la CFPN allait irrémédiablement être plombée. Il en est de même concernant une autorisation d’une mise en chômage technique grâce aux fonds publics, alors qu’il était notoire que les actionnaires usaient d’une stratégie de pourrissement pour parfaire la procédure de la liquidation.
D’ailleurs, les propos du mandataire Maignan lors de la très officielle 1ère table ronde sont édifiant : « les actionnaires veulent la liquidation et rien que la liquidation » et il rajoute quelques heures plus tard, « qu’il serait lui même porteur d’un projet dont la capitalisation s’appuierait en partie sur les indemnités de licenciements des salariés actionnaires suite à la liquidation ».
Que dire de la décision du Tribunal de Commerce qui ordonne une procédure de redressement judiciaire alors que l’administrateur lui-même la considère comme inopportune.
Il dit être en incapacité financière de redémarrer l’activité et que par conséquent cette décision ne fera que crever encore plus la trésorerie déjà insuffisante à payer la totalité des salaires d’octobre 2005 (il manquerait 1/3 des salaires nets).
Que dire aussi du non respect des engagements des pouvoirs publics quant à l’annonce de leurs orientations et des moyens d’accompagnement autant pour la filière que pour la CFPN. Hormis le fait que des repreneurs seraient plutôt pour la liquidation judiciaire (braderie de la compagnie ; pas d’obligation de plan social ; etc...), comment les inciter à la cession reprise si aucune lisibilité législative, économique, et financière n’existe.
Pourtant, l’UTG ne cesse depuis le début de cette nouvelle affaire, de demander aux pouvoirs publics d’être plus offensifs, d’aller au devant des repreneurs potentiels, avant que le déclin ne tourne au désastre.
L’administrateur a annoncé officiellement qu’en cas de non projet de reprise crédible, il demandera au Tribunal de Commerce le 26/10/05 de prononcer la liquidation judiciaire pure et simple de la CFPN avec son train de drames sociaux et économiques.
TOUS les pouvoirs publics seront une nouvelle fois responsables et devront assumer l’instabilité et la grogne sociale qui s’en suivra.
L’UTG rappelle qu’elle a toujours été pour la cession reprise et elle se mobilise toujours pour cette procédure, car elle est la seule qui protège encore l’intégrité des actifs de la société et les salariés.
L’UTG condamne le laxisme, les complicités et les incompétences généralisées observées dans la gestion de ce dossier. Il est encore temps de réagir.
21 octobre 2005
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