Conférence de presse du 08/09/2005
La situation économique et sociale de notre pays est de plus en plus catastrophique.
Tous les secteurs d’activités sont touchés.
De nombreuses entreprises traversent de graves difficultés en particulier dans les secteurs productifs (CFPN, SOS, COGUMER, ...) ainsi que le Bâtiment et Travaux Publics qui est fortement touché.
Les plans sociaux se suivent, les licenciements sont le quotidien des travailleurs et le chômage ne cesse d’augmenter.
La situation sanitaire est alarmante. L’éducation n’est pas au mieux.
La rentrée scolaire a été extrêmement difficile. De nombreux enfants n’ont pas pu avoir accès à l’école (près d’un millier pour toute la Guyane). Tous les ans c’est la même rengaine et cela dure depuis plus de 20 ans.
La déréglementation est la règle et le Préfet lui-même en véritable gouverneur colonial en est le principal instigateur. En toute illégalité, il a pris plusieurs arrêtés (tonnage des camions, navigabilité des fleuves, contrôle sur les routes...) qui créent des crises dans les secteurs concernés. Ils engendrent une augmentation considérable des coûts qui sont répercutés sur la population ainsi que des contraintes particulièrement insupportables.
Les collectivités ne sont pas au mieux et prennent des décisions arbitraires (augmentation de l’eau de 14% annoncé par la CCCL) que subit la population.
Alors que la voyoucratie du patronat connaît un développement particulièrement inquiétant en toute impunité (disparition de dossier au greffe du tribunal et non lieu, peines minimes, amendes dérisoires, ...), la jeunesse est l’objet de la plus sévère répression pour des faits mineurs.
Ne voudrait-on laisser aucune chance d’avenir à notre pays que l’on ne s’y prendrait pas autrement.
Un avenir décent qui passe par le développement économique et social de notre pays n’existe pas.
Le constat est affligeant. Alors que des sommes énormes sont investies dans la promotion du tourisme, les secteurs productifs périclitent. On assiste impuissant au démantèlement du service public et la qualité des services se dégrade de manière exponentielle.
La pêche crevettière soit disant fleuron de la production en Guyane est à l’agonie. Les entreprises ferment les unes après les autres et les salariés se retrouvent à la rue. Dernier exemple en date, la CFPN, l’une des rares entreprises encore en activité, va déposer son bilan et fait du chantage à l’emploie avec les salariés. C’était la COGUMER, il y a quelques mois, qui présentait un plan social et licenciait plusieurs mères de famille.
Dans la production rizicole, exclusivement propriété de la multinationale SOS, la situation n’est pas meilleure pour les travailleurs. C’est toujours la course au profit à tout prix qui prime aux détriments des hommes. C’est le chômage technique pour les salariés en règle, alors que dans le même temps des personnes en situation irrégulière sont employées avec la complaisance des services de l’état.
A
u début de l’année, c’est le groupe CORA qui fragilisait l’emploi et pratiquait le chantage à l’emploi. Le magasin MATCH VOLTAIRE fermait ses portes et les salariés étaient transférés à l’hypermarché CORA avec une diminution de leur salaire de plus de 20%. Ils en subissent encore les conséquences dans des conditions de travail scandaleuses.
Dans le Bâtiment et Travaux Publics la situation ne cesse de se dégrader pour les travailleurs (conditions de travail très dures, salaires au plus bas, ...). Le marché rétrécit et c’est le règne des voyous. Les entreprises qui ne respectent pas les règles sont valorisés par l’état (PAG, ...) et obtienne le plus souvent les marchés publics. La SEFITEC qui a été pendant longtemps la première entreprise du secteur a disparu au mois de juillet dans la plus grande discrétion et des dizaines de salariés jetées à la rue. Les salaires sont souvent payés avec plusieurs mois de retard (3 à 4 mois). Le recourt aux intérimaires et à la sous traitance est constant dans la plus grande illégalité.
Le patronat n’hésite plus à se mettre carrément hors la loi puisque l’Etat ferme les yeux et offre des primes de bon cow boy (attribution des marchés publics).
C’est l’anarchie libérale qui prime : les salaires ne sont pas payés (BTP, Café Bleu, ...), le chantage à l’emploi est institutionnalisé (CFPN, CORA, ...), les plans sociaux abusifs fleurissent (CFPN, SOS, CORA, SEFITEC, Café Bleu, ...), le harcèlement moral et parfois sexuel fait parti du quotidien des salariés (RFO, COLAS, Foyer de la Providence, SOS, ...), etc.
La production forestière est menacée par une ordonnance gouvernementale initiée par l’ONF.
Dans la production aurifère, les multinationales pratiquent avec mépris, sans scrupule, le chantage à la détaxation (CAMBIOR, ...).
Le démantèlement des services publics initié depuis quelques années atteint son rythme de croisière et de nombreux emplois sont menacés (La santé, LA POSTE, EDF, FRANCE TELECOM, ...).
Les patrons élus ne sont pas exempts des pratiques de voyous (réduction arbitraire et sans concertation de 40% du salaire pendant la maladie, ...) et la répression syndicale devient une habitude (Mairie de Montjoly, Mairie de Matoury, Mairie de Montsinery, Conseil Général, ...). Le SMTC licencie une cinquantaine de CEC dans le plus grand silence.
Les services de santé du Conseil Général ont des pratiques moyenâgeuses. Des analyses de laboratoire sont transmises sans validation par un médecin !!! Les services de prévention sont en train d’être démantelé et seront repris à la fin de l’année par l’Etat.
Le Conseil Régional n’est pas mieux lotis et traverse de grosses difficultés financières. Ce n’est pas dans cette période de fin du contrat de plan et de négociation du nouveau contrat de plan Etat - Région qu’il trouvera les finances nécessaires pour se relancer et réaliser les actions nécessaires au développement de notre pays, et ce, même si par magie il en avait subitement la volonté. De plus, les subsides européennes vont se réduire comme une peau de chagrin au cours des prochaines années avec l’élargissement de l’Europe, alors même que certains politiques tentaient de faire croire le contraire au moment du référendum sur l’Europe.
Quel avenir pour notre pays ?
Quel avenir pour les travailleurs ?
Quel avenir pour la jeunesse guyanaise ?
JOU MALO PA GEN PANGA. PA ANTANN POU PRAN ZOT KART. KOUTE L’I.T.G.
Venez nombreux au grand meeting que nous organisons le jeudi 22 septembre à partir de 19h00 devant notre siège.
23 septembre 2005
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