Conflit sur les carburants, les patrons et l’Etat règlent leurs comptes
Comme l’UTG l’avait prévu, le conflit sur les carburants est resté au travers de la gorge de certains patrons et de l’Etat.
C’est ce qui a conduit Lundi 12 notre camarade Bechet en entretien disciplinaire première phase.
Sans entrer dans les secrets de la procédure, il est reproché à notre camarade d’avoir le 28/10, suite au contrôle d’identité de la gendarmerie sur le pont d’Iracoubo, immobilisé son véhicule, de l’avoir abandonné créant une entrave à la circulation des véhicules et d’avoir ainsi nuit à l’image de marque d’EDF !!!
Quels affreux crimes a donc commis Benoit Bechet ?
La procédure disciplinaire a été engagée sur la base (exclusive) d’un rapport de la gendarmerie faisant état de l’incident survenu ce jour là.
Curieusement, les forces de gendarmerie qui ont procédé à l’immobilisation forcée du véhicule en bloquant matériellement le véhicule, n’ont dressé ni contravention pour infraction au code de la route, ni engagé de procédure judiciaire pour refus d’obtempérer du camarade.
Curieusement, aucun des agents d’astreinte de Kourou partis récupérer le véhicule n’a été sollicité pour apporter son témoignage et confirmer ou non le rapport de la gendarmerie quant à la gêne qu’occasionnait le véhicule sur la voie publique.
Curieusement, Benoit Bechet est accusé d’avoir « abandonné » le véhicule alors qu’il a pris la précaution de le fermer pour éviter d’éventuelles dégradations et d’appeler l’ex-chef d’agence Clientèle (puisque le poste, de nombreux mois après sa vacance, ne fait toujours pas l’objet de publication contrairement aux règles de l’entreprise) pour l’en informer.
Curieusement, aucune investigation n’est conduite sauf un entretien téléphonique à l’initiative de Chapiteau, aucun agent n’est entendu…et on va directement en entretien première phase comme si dans ce centre, le support exclusif de la communication est la procédure disciplinaire et son mode de fonctionnement unique la répression. A croire que les dirigeants de ce centre ont séché les cours sur le management d’entreprise.
Enfin, pour finir en beauté, coïncidence suprême, la lettre recommandée convoquant le camarade Bechet en entretien disciplinaire part juste après le conflit sur les carburants….
En vérité, à défaut de s’en prendre directement à notre camarade, l’état a choisi de faire appel à un supplétif de premier choix : Denis Girard, promu, en l’espèce, commandant de gendarmerie ou procureur par substitution.
Il est évident que lancer des procédures à l’encontre de militants qui ont animé ce formidable mouvement populaire, n’eut pas été du premier goût et aurait probablement réveillé quelques énergies.
L’UTG l’avait d’ailleurs prévu et avait mis en garde certains patrons contre cette tentation de profiter du conflit pour régler quelques comptes et éliminer des salariés jugés « récalcitrants » ou trop militants.
Nul doute qu’EDF n’échappe pas à la règle et avec la direction qui gouverne le centre en ce moment, l’aubaine n’en était que trop belle. Probablement, d’autres initiatives, moins voyantes, plus scabreuses seront décidées à l’encontre de certains agents jugés « trop agités » ou « trop zélés » durant la crise.
Dans plusieurs entreprises et administrations, les dirigeants (patrons et chefs de service) se sont donnés le mot pour « nettoyer » : licenciements déguisés ou pas, dans plusieurs sociétés, procédure disciplinaire et mesures à venir dans l’administration, chômage partiel dans d’autres ….
On disait, parlant du conflit : « roun lanmen lavé ròt !!! », la vérité est que, pour donner raison aux propos que tenait la responsable de la CGPME – Prévot-Madère- le jour du grand meeting de la place des Palmistes, l’état ne tolère pas les écarts de conduite de la population guyanaise, fussent-ils légitimes et des retours de manivelles sont donc à prévoir. … Point besoin du pouvoir judiciaire pour cela : les chefs de service d’administration, le Medef et les patrons d’entreprises « nationales » disposent de suffisamment de leviers pour tenter de neutraliser les militants de la cause Guyanaise.
Les petits colons en chef à EDF Guyane ont le profil requis pour faire le boulot.
L’actualité sociale de l’entreprise n’est que répétition d’une médiocrité qui s’est installée voilà 2 ans. Le centre vit sous la coupe réglée de clans et de factions qui se partagent le leadership du pouvoir de direction avec comme conséquence inéluctable, l’aggravation dramatique du climat social (multiplication des cas de harcèlement, tensions sociales croissantes, IPRP par-ci, IPRP par là, expertise à la production, lettres recommandées pour les agents, huissier et Tribunal pour la direction, relations sociales explosives, dialogue social irréel…).
S’il est un conseil à donner à des agents en quête d’idées pour une création d’emploi, c’est vers celui d’huissier de justice qu’il faut qu’ils se tournent. Avec EDF Guyane, les parts de marché sont assurées.
Aujourd’hui ce sont les chefs de GR sur lesquels on souffle la défiance (parce qu’ils sont trop dépensiers) qui sont ravalés au rang de sous-chefs de GR et de mauvais élèves (cas unique à l’échelle du SEI) et à qui on interdit de valider des commandes (même pour de simples bics).
Ce sont les heures supplémentaires qu’on autorise lorsqu’on ne les encourage pas insidieusement, au mépris des règles et de la santé des travailleurs et au détriment de l’emploi local, parce qu’il n’y a pas mieux pour chloroformer les esprits quand ce ne sont pas quelques prébendes distribués ici ou là…
Moun-yan, zòt barké annan roun dròl dronmi, a lévé-a ki tout !
Cayenne le 14/01/2009
14 janvier 2009
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