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EN GUYANE EDF VEUT LICENCIER DES REPRESENTANTS DU PERSONNEL


Jeudi 24 Mai, EDF s’apprête à sanctionner 5 agents d’EDF Guyane, parmi lesquels 3 représentants syndicaux dont 1 salarié protégé. Elle envisage purement et simplement de licencier certains d’entre-eux.

Le Mardi 15 Mai, c’est la justice, sur plainte d’EDF qui procédait à la mise en garde à vue de 5 agents dont 2 responsables syndicaux.

Dans un pays ravagé par la délinquance, le banditisme et les agressions en tous genres, où la sécurité élémentaire des biens et des personnes n’est plus garantie depuis de longues années, les 5 agents « mobilisaient » les forces de gendarmerie dans 3 casernes les faisant ainsi passer pour des délinquants majeurs et dangereux.

En vérité, le crime qui est reproché aux camarades est de s’être opposés aux accusations mensongères du chef de la centrale de Dégrad des Cannes, Pers. 684 nouvellement arrivé en Guyane et précédé d’une réputation particulièrement négative de ses anciens collègues de Corse. Le crime commis par les camarades est de refuser que soit portée atteinte à la dignité du personnel en place, accusé d’avoir volé 600 litres de combustible, sans aucune preuve, sans aucune justification technique et sur la base d’aucun rapport circonstancié émanant soit des chefs de quart soit des experts techniques.
Voilà l’une des motivations du conflit qui aujourd’hui conduit à présenter, avec la complicité du pouvoir judiciaire, nos camarades comme des criminels.

Les raisons fondamentales de la situation d’aujourd’hui renvoient en fait à Décembre 2006 à l’occasion de la grève dans laquelle une grande majorité d’agents a pris une place mémorable contre la filialisation de la production, le désengagement de l’entreprise de nos régions et pour un accroissement des moyens en production et en transport pour satisfaire les besoins vitaux du pays.
Il faut enfin les chercher à l’occasion du congrès des élus de Guyane qui s’est réuni en Mars 2007sur la question de l’énergie et s’est prononcé favorablement dans une très grande majorité sur le catalogue de revendications présenté par le syndicat lors de la grève de décembre.

La vraie question est donc :
Qui a intérêt à vouloir museler par la force une organisation syndicale qui refuse d’accompagner la direction d’EDF dans son opération de démantèlement du service public et de casse des effectifs ?

Là est la clé de la situation sociale complètement explosive qui secoue le centre de Guyane. En vrai voyou, la direction a orchestré sa stratégie de mensonges avec comme objectif :
- faire passer les représentants syndicaux pour des délinquants violents, complices de vol de combustible et cerise sur le gâteau, agresseurs du directeur adjoint de centre, qui s’est jeté par terre alors qu’il voulait s’emparer de force d’une chaise que détenaient plusieurs agents.
- Faire croire que la revendication sur le départ du chef de centrale n’est pas partagée par le personnel mais portée par un petit groupe d’agents. La pétition ci-jointe montre bien à quel déni de vérité se livre la direction : près de 80 agents sur 105 (effectif disponible) de la centrale de Dégrad des Cannes réclament le départ du chef de centrale.
- Neutraliser les autres catégories du personnel en diffamant nos camarades, en faisant pression sur les agents déjà sous le coup de la sanction financière de la grève de décembre (10 jours de perte de salaire) et en intimidant l’encadrement local (« il faut choisir son camp »).
- Stopper au plus vite le processus de solidarité des personnels des différents P.O.M., mis en action avec succès en décembre 2006.

Comment ne pas voir dans la judiciarisation à outrance du conflit dès le début et la présence permanente d’un huissier de justice à la centrale de Dégrad des Cannes, la volonté de régler le conflit social par la force et la répression au lieu de rechercher le consensus social par la négociation ?

Comment interpréter la virulence de certains des propos du directeur du SEI refusant la voie de la négociation au coordinateur régional de la CGT, sinon que comme une mise en garde claire contre toute forme d’expression et toute velléité de règlement concerté du conflit ?

La direction a montré son vrai visage. Elle ne reconnaît pas le droit à l’expression des syndicats lorsque ceux-ci ne sont pas dans une conduite d’accompagnement de sa politique de démantèlement. Elle n’admet pas toute tentative de penser différemment de la part de l’encadrement de proximité. Elle réfute le droit à ne pas être d’accord avec sa stratégie ou sa volonté de répression à tous ceux qui ont des responsabilités dans le centre. Ne dit-elle pas elle-même : « C’est comme pour les enfants, il faut savoir les taper lorsqu’ils ont dépassé les limites », témoignage d’une conception très infantile de la relation que certains chefs de service entendent entretenir avec les agents locaux...On se croirait revenu 3 siècles en arrière !!!!

En réalité le directeur ne fait qu’appliquer ici le manuel du parfait colon : il doit faire savoir que ce sont eux les maîtres, même s’il faut pour cela couvrir coûte que coûte ses congénères alors qu’ils ont été pris en flagrant délit de mensonge et de simulation. En réalité, ce sont le chef de centrale de DDC et le directeur adjoint qui devraient se trouver sur le banc des accusés. Pourquoi le directeur ne met-il pas autant de cœur à l’ouvrage contre les délits d’initiés et délits de favoritisme perpétrés par son adjoint et la responsable du juridique sur le marché de la climatisation du Centre et de l’agence de Suzini ?

La direction a malheureusement tout faux sur toute la ligne. Les camarades qu’elle veut frapper aujourd’hui et ceux qu’elle s’apprête à frapper demain sont debout et derrière eux, d’autres sont là et disent : Nou pé ké kawka !!! Les quelques rares qui zanzolent ou ceux qui ont pris délibérément le parti de la direction, servent d’instrument ou de bras armé aux assassinats sociaux que visent les actuels dirigeants de passage. Dans deux mois tout au plus, ils auront fait leurs valises après s’être rempli les poches, avoir semé le désordre en toute impunité dans le centre et en Guyane, mais ils auront demain rendez-vous avec leur propre histoire.

Le 24 Mai, nous devons tous être au rendez-vous. Tous ceux qui se reconnaissent dans la défense des libertés fondamentales sont appelés à faire connaître leur désapprobation auprès de leur direction et à exprimer leur solidarité...

Refusons l’injustice et l’arbitraire, Tous à l’Assemblée Générale du personnel Jeudi 24 mai 2007 à 7 heures au Centre.

21 mai 2007

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