LETTRE CIRCULAIRE AUX ADHERENTS
Cher(e) Camarade,
La période que nous traversons actuellement mérite une clarification.
En effet, depuis quelques semaines, l’état et le patronat par le biais des médias tentent de jeter le discrédit sur les organisations syndicales et en particulier sur l’U.T.G. Les collectivités tentent de minimiser leur responsabilité. Elles annoncent ne pas avoir de moyens financiers mais ne font rien pour exiger de l’état le paiement de ces arriérés.
Il y a un moment déjà que nous avons compris leur stratégie.
Depuis plusieurs années, nous avons axé nos revendications générales sur l’amélioration du pouvoir d’achat des salariés de notre pays et nous n’avons cessé de fustigé la hausse galopante des prix des produits de consommation courante.
C’est ainsi que lors de nos conférences de rentrée sociale en septembre 2007 dans plusieurs communes, ce thème était systématiquement développé.
Le 26/01/08, nous avons organisé au siège de notre Centrale un grand débat public sur la question de la hausse des prix et du pouvoir d’achat. Il avait alors été convenu que nous devions nous organiser pour mener des actions générales pour l’amélioration du pouvoir d’achat des travailleurs de Guyane.
Fin août 2008, nous décidons d’axer notre propagande électorale pour les élections prud’homales du 03/12/08 sur l’augmentation du pouvoir d’achat.
En septembre 2008, même RFO reconnaissait, en nous invitant à une émission sur ce thème, que notre organisation était la première et la seule à avoir publiquement posé la problématique.
Comment expliquer alors cette volonté, clairement affichée, d’écarter l’U.T.G. du mouvement revendicatif pour la baisse du prix des carburants. D’autant qu’il était connu de tous qu’un rapprochement s’était opéré entre les organisations syndicales de Guyane depuis fin 2007 par apport au projet de Zone Franche Globale d’Activités.
Profitant du mouvement du LKP en Guadeloupe et du Collectif du 05 février en Martinique, le patronat et les collectivités ont tenté de prendre le contrôle de la situation prétextant avoir oublié lors du mouvement de novembre/décembre de poser le problème de la cherté de la vie.
Le vendredi 09/01/09, le Conseil des Militants, lors de sa réunion ordinaire, fait un bilan du mouvement pour la baisse des carburants duquel il ressort notamment que tout a été fait lors de cette mobilisation pour écarter les organisations syndicales et pour que le patronat en sorte le grand vainqueur.
Dès le début du mois de février (retour du FSM de Belém), nous avons entrepris de rencontrer l’UNSA et FO avec qui nous avions plus de facilité pour discuter afin de réfléchir ensemble aux possibilités d’actions communes sur le pouvoir d’achat des travailleurs.
Le mercredi 11/02/09, le Conseil des Militants de l’U.T.G. est réuni pour discuter de la situation et mettre à jour notre plate-forme revendicative qui date de notre 10ème Congrès.
Le vendredi 13/02/09, le Comité Administratif de l’UTG valide la plate-forme revendicative mise à jour et donne mandat au Bureau Central pour construire l’unité syndicale.
Le mardi 17/02/09, toutes les organisations syndicales sont invitées au siège de FO pour discuter et adhérer à la plate-forme revendicative. Cinq organisations y adhèrent : la CDTG, FO, SOLIDAIRES GUYANE, l’UNSA et l’UTG. La CGC après avoir adhéré se retire.
Le jeudi 19/02/09, une réunion ouverte à tous à lieu à l’U.T.G. Plus d’une quarantaine d’organisations participe à cette réunion. Une trentaine adhère à la plate-forme revendicative et consacre la naissance du M.K.L. qui est validé publiquement le 26/02/09. Actuellement 30
organisations ont adhéré et deux sont en instance.
Le lundi 02/03/09, la plate-forme revendicative est rendue publique lors d’une conférence de presse au siège de la CDTG.
Le lundi 09/03/09, une réunion a lieu à 12h00 à l’hôtel Amazonia avec l’autre Mayouri pour tenter un rapprochement.
Le mardi 10/03/09, la plate-forme revendicative du M.K.L. est remise à l’état, aux collectivités et au patronat.
Le mercredi 11/03/09, de 18h30 à 23h45, une réunion avec l’autre Mayouri aborde dans le fond les deux plates-formes revendicatives. Les divergences essentielles portent sur les revendications sociales et les augmentations de salaires. Les représentants de l’autre Mayouri
acceptent, après une longue discussion, que ces revendications soient l’objet d’une plate-forme commune. Un consensus semble trouvé.
Dès le jeudi 12/03/09 à 07h15, dans l’émission « l’invité café » sur RFO, le porte-parole de l’autre Mayouri attaque le MKL et dénigre les revendications sur les augmentations de salaires. C’est la même chose le lendemain dans l’émission « Parol kontré ».
Le mardi 17/03/09, le M.K.L. est invité par l’état pour une « réunion de concertation ». Puis il rencontre les collectivités à leur demande.
Le mercredi 18/03/09, le M.K.L. quitte la réunion qui devait permettre de déterminer la méthode et le calendrier des négociations. Il considère que le préfet tente avec la complicité des élus de créer la confusion.
Sur ACG, le mercredi 18/03/09, le Secrétaire Général de l’U.T.G. et le M.K.L. font l’objet d’attaques violentes de l’autre Mayouri. C’est également le cas depuis plusieurs semaines sur Radio JAM. L’U.T.G. et son Secrétaire Général sont l’objet d’attaques de plus en plus violentes
et mensongères.
A qui profite cette situation confuse ? Pourquoi tentent-t-ils de discréditer les syndicats de salariés et surtout l’U.T.G. ? A quels intérêts profite cette confusion ?
C’est la réponse à ces questions qui nous permettra de comprendre la nécessité de nous mobiliser. Est-ce que tout le monde a bénéficié de la même manière de la baisse de 50 cts des carburants ?
Prenons un exemple simple : Un salarié qui réside et travaille sur l’ile de Cayenne (majorité des actifs) consomme un plein tous les 12 jours soit environ 200 euros par mois, avec la baisse de 50 cts, le gain est d’environ 50 euros.
Un transporteur effectue environ 600km par jour soit entre 3000 et 3500 km par semaine par bus ou camion soit quatre à cinq pleins par semaine (d’un véhicule personnel), ce qui correspond à peu près à 400 euros par semaine, environ 1800 euros par mois soit une économie d’environ 400 à 500 euros/mois par outil de transport.
Nous pourrions appliquer le même exemple à l’ensemble des entreprises et notamment à celles qui ont un parc automobile important ou une grosse consommation de carburant. Cela met en évidence pourquoi le patronat avait tout intérêt à mener ce mouvement uniquement sur la question de la baisse du prix des carburants.
Alors que les entreprises ont pu ainsi augmenter leur marge, il n’y a eu aucune répercussion sur les salaires et le prix des transports.
Mais, les personnes si elles n’ont pas de revenu ou s’il n’augmente pas, comment peuvent-elles acheter des produits même si leur prix baisse ?
Le pouvoir d’achat est constitué du salaire et du prix des produits que nous devons acheter pour vivre.
Nous comprenons mieux pourquoi l’autre Mayouri n’est intéressé que par la baisse des prix et refuse l’augmentation des salaires.
En effet, ce n’est pas dans l’intérêt du patronat d’augmenter les salaires. Cela explique aussi pourquoi la fusion des deux mayouris n’a pas été possible et qu’elles ne sont plus que deux associations (consommateurs) et les transporteurs.
C’est pourquoi nous devons être plus que jamais vigilants et nous préparer à la mobilisation.
Reçois Cher(e) Camarade, nos salutations militantes et syndicalistes les meilleures.
Le Secrétaire Général,
Albert DARNAL
22 mars 2009
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