Nouveau colonialisme dans un monde où les pays sous domination coloniale n’ont pas encore disparu
Michel COLLON révélait récemment à propos de la Côte d’Ivoire que les secteurs clés de l’économie de ce pays étaient dominés par les 240 filières des sociétés françaises. Parmi ces sociétés françaises figuraient :
Total, Bouygues, Vinci, Cola, Bolloré, France Télécom et les financières BNP Paribas et la Société Générale. Les grandes filiales françaises détenant 25% du capital social des entreprises ivoiriennes. L’exemple ivoirien démontre que les évènements qui se déroulent dans ce pays ont des explications bien différentes que celles avancées par les principaux médias français. Le cas de la Côte d’Ivoire n’est pas un cas isolé. L’intervention américaine en Irak, celle des troupes franco-américaines pour destituer ARISTIDE en Haïti tout comme celle des forces françaises en Côte d’Ivoire, ont pour motif principal la préservation des intérêts des grandes sociétés multinationales des pays concernés.
Les interventions précitées ont toutes fait l’objet de vote du Conseil de Sécurité avant ou après l’arrivée des forces militaires étrangères. Pour Candido GRZYBOYSKI, directeur de IBASE, une ONG qui figure en tant qu’observateur aux Nations Unies.
« Le véto du Conseil de Sécurité est par définition anti-démocratique. Il est vrai qu’il doit avoir un conseil pour traiter les questions liées à la sécurité mais les questions les plus controversées doivent être soumises à l’Assemblée Générale et, aujourd’hui c’est le contraire qui se fait ».
Dans l’introduction de son ouvrage Toussaint LOUVERTURE, Aimé CESAIRE, montre comment Saint-Domingue a contribué à l’enrichissement de la France en tant que colonie ; Saint-Domingue devenue aujourd’hui Haïti, l’un des pays les plus pauvres du monde.
Les chiffres révélés parlent d’eux-mêmes à travers l’exemple du sucre :
« en 1789 sur 218 millions de livres d’importation coloniale en France.
71 millions ont été consommés en France. Le reste, soit 147 millions ont été réexportés. Plus récemment encore et plus près de nous le journal « combat » du syndicat du Guyana GAWU , dans son numéro de septembre 2004, nous faisait découvrir un aspect de cette politique à travers la « proposition » des européens de baisser de 37% le prix du sucre à l’achat dans le cadre d’une renégociation des accords avec les pays ACP.
Face aux conséquences de plus en plus catastrophiques de la mondialisation, les travailleurs cependant s’organisent de même que les pays du sud, désireux de préserver leur intérêt et d’éviter la révolte de leur population. Le cas des travailleurs boliviens qui, pour empêcher la privatisation et l’exportation du gaz à partir des ports chiliens, ont poussé à la démission de leur président de la République, est un des témoignages des plus démonstratifs de la détermination des travailleurs à s’opposer à mondialisation de l’économie [1].
L’apparition d’un groupe de pays avec à leur tête : le Brésil à l’occasion du sommet de Cancun (10-14 septembre 2003) est aussi une réalité notable prouvant qu’une opposition est en train de naître au niveau dedu sud.
Ces faits prouvent que nous devons au niveau de notre organisation continuer la démarche entreprise pour aller à la rencontre des syndicats des autres pays afin de contribuer à la naissance d’une réaction des travailleurs au niveau mondial. La conférence internationale de DONOSTIA (San Sebastian) en 2002 a inauguré une démarche que nous devons poursuivre, mais qu’il y a lieu de démultiplier au niveau des syndicats dans chaque entreprise pour que s’organise la lutte des travailleurs contre la mondialisation indépendamment des frontières.
[1] LesBoliviens sont actuellement en conflit avec le Nouveau Président.Ils demandent la résiliation d’un contrat signé par l’état avec la société Lyonnaise des eaux permettant à cette multinationale française de prendre le contrôle de la quasi totalité des réserves en eau douce du pays
12 février 2005
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